«Même les entreprises s'y arrachent les cheveux, l'employeur principal du cadre en temps partagé, c'est-à-dire celui qui l'a embauché en premier peut bénéficier des exonérations de charges, les autres non.» En attendant un vrai statut du cadre en temps partagé, l'association Alliance Européenne de Cadres, non affiliée à la fédération, vient de jeter un premier pavé dans la marre. Elle propose aux entreprises de gérer les contrats de leurs cadres en temps partagé. C'est plus simple pour ces derniers qui n'ont qu'un bulletin de salaire. C'est plus vendeur aussi. L'argument «j'ai derrière moi une structure qui s'occupe de tout» porte. Pour l'entreprises, c'est le temps partiel sans les contraintes et des économies sur les cotisations sociales. Est-ce licite, dans la mesure où l'employeur Alliance ne fait pas réellement travailler ses employés? «Nous ne prélevons que des frais de gestion, c'est une opération qui ne nous rapporte pas d'argent. Elle a pour objet de contribuer à faire progresser le temps partagé», se défend Nadine Ardourel, présidente de l'association. Pour son initiative, elle a reçu un financement du Fonds social européen et les Allemands veulent copier sa méthode.
Libération - 26 janvier 1998
Rubrique "EMPLOI" par Nadya Charvet et Marie-Joël Gros